Et ailleurs ?

La Suède, le pays des 32 heures

En Suède, de nombreuses entreprises, hôpitaux, maisons de retraite, se sont convertis aux 32 heures.

Il est un pays en Europe qui ne se pose plus la question de la réduction du temps de travail : c’est la Suède. Et c’est une grande entreprise qui a enclenché le passage aux 32 heures : Toyota, en 2002.

Il y a deux ans, la ville de Goteborg, deuxième du pays par sa population, a lancé des expérimentations dans certains établissements gothembourgeois, comme dans le service de chirurgie orthopédique du principal hôpital de la ville.

Cette réduction du temps de travail a permis de fidéliser le personnel soignant, soumis à une forte pénibilité : manutention pour chaque opération du genou d’une dizaine de boites de matériel représentant quelques 150 kilogrammes. L’expérimentation des 32 heures a également été menée dans une maison de retraite de Göteborg gérée par la municipalité. Près de 40 salariés ont bénéficié pendant deux ans de ce nouveau rythme de travail.
Si la municipalité a constaté une baisse des arrêts maladie – le nombre de jours d’absence est deux fois inférieur à celui observé dans les autres services municipaux – le passage aux 32 heures a un coût : 2,1 millions d’euros. Pour cette raison, la municipalité a mis fin à l’expérimentation, au grand dam des personnels.

Paradoxe : l’entreprise Toyota a trouvé son compte dans la semaine des 32 heures. Les salariés font moins de pauses et ont augmenté leur productivité. De nombreuses entreprises suédoises, depuis, ont suivi l’exemple de Toyota.

Les Allemands rêvent de travailler 32 heures, voire moins

Cités en exemple par les néolibéraux concernant la durée du temps de travail, les Allemands souhaiteraient cependant travailler moins de 32 heures par semaine, comme le montre un récent sondage paru dans Der Spiegel.

Les adversaires des 35 heures en France font souvent référence à L’Allemagne. Il se trouve que les Allemands, eux, ne rêvent que de travailler moins !

D’après un sondage réalisé auprès de 1 701 citoyens allemands et publié dans Der Spiegel, ils souhaiteraient travailler en moyenne six heures de moins par semaine. Les salariés interrogés travaillant en moyenne 37,6 heures, cela signifierait donc une semaine de travail à 31,3 heures.

D’après ce sondage, près de deux tiers des salariés travaillent en réalité plus que ne le prévoit leur contrat de travail : 13 % d’entre eux travaillent chaque jour plus longtemps que prévu ; 21 % déclarent devoir faire des heures supplémentaires plusieurs fois par semaine, et 25 % une à deux fois par semaine.

Ces résultats confirment ceux d’une étude publiée par le DGB, la Confédération allemande des syndicats, en février 2016, selon laquelle 60 % des employés feraient des heures supplémentaires en Allemagne.

Nasser Mansouri Guilani
Pour aller plus loin :
« Les Allemands rêvent des 35 heures », Slate.fr

 

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