Télétravail – droit à la déconnexion

Le droit à la déconnexion

Télétravail : les formes nouvelles du travail nécessitent de nouveaux droits

Le télétravail est souvent utilisé pour accompagner la réorganisation ou la délocalisation de sites ou de sièges d’entreprises en Île-de-France ou dans des grandes agglomérations. S’il peut en apparence constituer une solution pour mieux équilibrer la vie privée avec la vie professionnelle, c’est souvent par défaut que les salarié-e-s y consentent, faute de pouvoir accéder à un logement plus proche du lieu de travail ou de pouvoir disposer de conditions de transport acceptables.

L’accord national interprofessionnel de 2005, qu’avait signé la CGT, avait eu pour mérite d’encadrer une forme de travail qui en était à ses débuts. Aujourd’hui, à l’ère de l’internet mobile, ce cadrage est insuffisant par rapport aux nouvelles conditions d’exercice professionnel où les unités de lieux et de temps de travail sont éclatées. Le travail nomade se développe, les salarié-e-s en situation de télétravail peuvent toujours travailler de leur domicile, mais aussi dans des lieux tiers extérieurs aux entreprises, chez le client, dans les transports, à l’hôtel, etc.

Ce nouveau contexte favorise le travail gris, représentant le temps de travail non-comptabilisé, et remet en cause l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. D’où la nécessité de mener campagne pour le droit à la déconnexion et de comptabiliser le temps de travail TTC (Toutes tâches comprises) quel que soit le lieu où l’on se trouve.

Avec la mobilisation contre la loi Travail, nous avons empêché le fractionnement des 11 heures de repos quotidien obligatoire prévues dans le Code du travail. Dans le cadre de la concertation télétravail qui débute, il y a fort à parier que le Medef cherchera à réintroduire ce fractionnement du temps de repos, et va rechigner à céder de nouveaux droits aux salarié-e-s concerné-e-s.

Le télétravail se caractérise par des gains de productivité évalués à 22 % . Les marges de manœuvre existent donc pour mieux protéger les salarié-e-s et réduire la charge et le temps de travail.

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